Secrets

par Martha Tremblay-Vilão

arbre martha
CAN I SEE YOU
AND CAN YOU SEE ME?
BEHIND THE TREE, THE TREE, THE TREE?
IS THE EYELID OF THE BEE CLOSED OR
OPEN? AND IS IT WINKING AT YOU –
OR WINKING AT ME – BUZZING
BUZZING IN EARS OF DYING LEAVES-
DON’T LEAVE ME PLEASE- STAY A
LITTLE LONGER- THIS FOREST IS SCARY
AND THE BEE AND THE TREE KEEP
STARING AT ME.
AND IS THE MOUTH THERE
SCREAMING AND SCREAMING AGAIN,
OR IS IT TELLING SECRETS- SHOULD
YOU BE HOLDING MY HAND?
BEHIND THE TREE, THE TREEE, THE TREE
CAN I SEE YOU
AND CAN YOU SEE ME?

secrets2
JE TE REGARDE ET TU ME REGARDES
LAS, LAS, L’AIR LAS DE L’ARBRE
LÀ, LÀ, AU FOND DE LA FORÊT
SOUPIRES-TU DANS LA NUIT ET TE
CACHES-TU DERRIÈRE LUI -L’ARBRE À
L’ŒIL QUI BAT BAT BAT
L’OREILLE- ÉCORCE TENDUE VERS LE
LOINTAIN, LE SON PERÇANT ET TROUÉ
DE L’ABEILLE
SERAS-TU LÀ, ET PRENDRAS-TU MA
MAIN – J’AI PEUR –
J’AI PEUR DE L’ARBRE À L’AIR LAS, LÀ,
LÀ-BAS
IL ME RAPPELLE QUELQUE CHOSE DE TOI
SON REGARD, SA BOUCHE QUI CRIE
DES MOTS À JAMAIS SOURDS, À JAMAIS
GRIS
JE TE REGARDE ET TU ME REGARDES
ES-TU LÀ, LÀ, LÀ?

Mangrove

par Monique Bourbeau

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La mangrove qui danse
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Mangrove. Guadeloupe.

Mystérieux palétuviers,
Hissés sur la pointe des pieds,
Vous buvez le sel de la mer et filtrez ses humeurs.

Racines ancrées dans l’estran,
Résistant aux marées,
Gardiens de la terre,
N’auriez-vous pas le goût de danser?

Force tranquille

par Claudette Lemay

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Limoilou
sentinelle de ruelle
on se revoit au printemps
il peut neiger

METADATA-START
Limoilou
première neige
coeur froissé
je me traîne les pieds

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Limoilou
il t’attend là-bas
patience de l’hiver
tu n’es pas prête

METADATA-START
Limoilou
première neige
tes pieds mouillés
force tranquille

METADATA-START
Limoilou
touche feutrée
une note grave résonne
dans la ruelle

METADATA-START

intervalle
deux notes graves
dans la ruelle

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se perdre
et chercher son souffle
tu ne reviendras pas

*      *      *

METADATA-START
Parthenais/Gauthier
printemps échevelé
poussière de chantier
grand détour

chloe_web
photo: Chloë Rolland
avertissement
Bellechasse et 10e
lutte à finir

Pierre Bissonnette_web
photo: Pierre Bissonnette, Marrakech
imaginer
l’ombre des branches
es-tu là

corde jaune_web
photo: Natalie Lafortune
te retenir
sur la corde raide
rester calme

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photo: Natalie Lafortune
avec toi
en silence
prendre son temps

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photo: Chloë Rolland, Plateau Mont-Royal

CHIEN et chats
écureuils, lapin en laisse
patte d’éléphant

 

Claro-escuro / Clair-obscur

par Martha Tremblay-Vilão

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Sombra
e luz
como chamas de um fogo gigante
Laranja
e azul

O que se busca na sombra que não
se encontra na luz?
O que se busca na luz que é inimigo
da sombra?
Sempre é. Sempre é a mesma coisa.
A origem.

A luz clara tem um mistério
tão puro
que vira a pele
transparente

e tenho medo de desaparecer
de demolecularizarme

pois agora, mais que da sombra,
eu tenho medo da luz
aquela que se reflete
sobre as folhas, os ramos, a terra
atordoa as cores
oferece ao céu um canto
e uma tapeçaria aos mãos
estendidas até ela
como para captar um reflexo
uma miragem – talvez

uma parte de mim se deita entre as raízes
negras da árvore – do lado da sombra
e outra parte abre os braços – assim
omo a árvore – do lado do sol

eu sendo – inteiramente
sombra
e
Luz.

L’ombre et la lumière
comme deux flammes d’un même feu
immense
Orange
et bleu

Que cherchons-nous dans l’ombre
que l’on ne peut trouver dans la lumière?
Que cherchons-nous dans la lumière
qui est l’ennemi de l’ombre?
Toujours. Toujours la même chose.
L’origine.

La clarté nue détient un mystère
si pur
qu’elle rend la peau
trans-lucide

et j’ai peur de disparaître
de me démoléculariser

puisque maintenant, plus que l’ombre
c’est la lumière qui m’effraie
celle qui se reflète sur les feuilles,
les branches, la terre
étourdit les couleurs
offre un chant au ciel
et une tapisserie aux mains
tendues vers elle
comme pour s’emparer d’un reflet
un mirage- peut-être

une part de moi s’étend entre les racines
noires de l’arbre – du côté de l’ombre
alors que l’autre part ouvre les bras –
tout comme l’arbre – du côté du soleil

et je suis – toute entière
l’ombre
et la
Lumière.


 

L’if sous la bruine

par Monique Bourbeau

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2 mai 2014.

Journée grise et un peu froide au  jardin alpin ce matin. Au sol, ça et là, les anémones pulsatiles emmitouflées dans leur duvet se protègent de la bruine qui tombe sur elles. Trop occupée à les observer, j’ai perdu le groupe et dois me hâter pour le rejoindre sur le sentier qui contourne le jardin alpin.

Drôle de sentier bordé par des arbres au port buissonnant et aux troncs décharnés, leurs branches ne portant que très peu de feuillage. Triste spectacle après l’éblouissement des plantes alpines. Alors que je m’approche pour lire leur nom sur l’écriteau, ces troncs décevants, s’illuminent de couleur sous l’action de la bruine et  je m’extasie devant le rouge et le brun de leur écorce.

Ifs nains du Japon. Leurs feuilles sont en fait des aiguilles d’un vert  éclatant.

If, Taxus cuspidata…arbre toxique….taxus…taxol…cela vous dit quelque chose?

Le taxol, ce médicament grandement utilisé en chimiothérapie, fut d’abord extrait à partir de l’écorce de l’if du Pacifique. Des milliers d’arbres furent sacrifiés pour produire le taxol… Au cours des recherches, on isola aussi une molécule aux propriétés semblables à partir des aiguilles de l’if. Maintenant, le médicament est synthétisé en laboratoire, et l’if peut pousser tranquillement sans crainte.

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Salix, les moyens du bord

par Julien Bourbeau

Le 15 juillet 2014. Mădălina et moi avons entamé plus des deux tiers du parcours cyclotouriste le long du lac Ontario. Après avoir passé 14 jours sur la route et avalé plus de 800 kilomètres du Waterfront Trail, nous nous sommes endurcis et aguerris vis-à-vis des aléas et des intempéries.  Extrait du récit :

Nous quittons Brockville sous une pluie ennuyante.  Mais quelques éclaircies nous font garder espoir d’arriver en fin d’après-midi à Long Sault un peu moins trempés.

Après 45 kilomètres, la pluie s’affaiblit, puis cesse. Mais se poursuivent les éclaboussures de la route qui pincent et tapissent nos mollets. C’est la mi-journée, il faut donc s’arrêter quelque part, se dégommer un peu, reprendre des forces et savourer les sandwichs que nous transportons dans nos sacoches.

Cet endroit se nomme Iroquois.  La météo demeure maussade : la plage est déserte. Le fleuve, timide. Deux tables à pique-nique esseulées. Et un saule pleureur. Pas d’Iroquois?! Un vent de travers.

J’en profite pour faire sécher nos toiles étanches qui couvrent nos sacoches. Une corde à linge improvisée : je noue le cordon de la toile à un rameau tombant du saule. Et le vent s’occupe du reste.

C’est l’usage insolite du saule que je partage ici !

Sur la route, on prend les moyens du bord.

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Dernier ajout : sur la route, j’aime bien casser la croûte près d’un plan d’eau sous un saule… Ci-dessous, lors de l’été 2018, à Sainte-Catherine-d’Alexandrie.

lac

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