Sous mes semelles

par Amélie Hébert-Chaput

En transit par mille singularités
Interpelant tout autant de stimulations
D’une station à l’autre
Ou d’un coin de rue à l’autre
Couverture à mesure de chaussure
Telle est la fonctionnalité de la ville
Retour flâneur chez soi
Jusqu’à son pignon sur rue
En choisissant différentes arêtes
De l’échiquier du quartier
Dans une domination des lieux publics
Le bruit devenu trame
Laisser les doigts frôler la clôture
Enfin arriver à son arbre
Indicateur de la bonne adresse
Témoin de la danse soutenue
En transit par mille défilements
Interpelant tout autant de débilitation
De départ à destination
D’un stationnement à l’autre
Couverture à mesure d’odométrie
Tel est le paradoxe de l’amour de la nature
Retour disjoint chez soi
Jusqu’à sa chaumière au bout du layon
Par le plus court itinéraire indiqué
Du tracé linéaire répété
Dans une domination des lieux privés
Le silence bruyant de vie
Laisser les doigts frôler le feuillage
Enfin arriver en forêt
Indicateur de la retraite en soi
Témoin de la perte de gravité

Sous l’une de mes semelles s’est collée une gomme à mâcher; sous l’autre, une gomme de pin. L’une de mes chaussures palpe la ville; l’autre la forêt.

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