D’un côté et de l’autre

par Claudette Lemay

Montréal, rue de Lanaudière

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Sur l’écorce d’un arbre
une ombre passagère
me détourne de mes pensées

je me demande lesquels ont été plantés en premier
la rangée d’arbres qui bordent la ruelle
les piquets de clôture qui délimitent le stationnement

d’un côté et de l’autre du grillage
les racines des arbres s’étendent
l’ombre des feuilles aussi

entre la place publique
lieu de passage
ouvert
habité

et le lieu privé
occupé
protégé
sous surveillance

je m’arrête un moment
et me donne une contenance
derrière l’appareil photo

arrêt sur image
ligne temporelle dilatée
rencontre entre le bois et le fer

3-bossus

corps vivants
bossus protubérants tatoués incrustés
cicatrisés

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excroissances
rejetons trognons moignons
abandonnés

 lisses comme du bois flotté
rejeté par la mer

4 moignons

contorsion fantasque
posture de résistance ou d’abandon
 il n’y a que toi et moi

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je m’éloigne de la rue de Lanaudière
je laisse en paix l’écureuil
qui va d’un arbre à l’autre
en courant sur la clôture rouillée
un bout de pain entre les dents

*      *      *

Sur le chemin du retour
ornement de fantaisie
rue Gauthier

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Forêt tasmanienne

par Suzanne Rochette

En Tasmanie, la nature est reine. De la jungle à la montagne en passant par les plaines arides, l’île australienne est fascinante. La forêt n’est pas en reste. À quelques heures d’Hobart, la capitale, la réserve naturelle du Mont Field m’ouvre les bras.

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Un chemin balisé m’invite, à travers palmiers et fougères, à découvrir le calme et la paix de cette nature apprivoisée. A l’abri de la chaleur, je m’éloigne un peu plus de la civilisation. La douce mélodie de la rivière qui longe ma route apaise mes pensées. Perchés sur les hauteurs, les oiseaux semblent quant à eux en pleine discussion.

Protégés de la lumière par une végétation grandissante, je profite de la fraîcheur agréable des lieux pour immortaliser cet instant magique. Au loin, le bruit d’une eau agitée s’intensifie et je devine les traits d’une grande cascade. Ses marches, cachées entre les eucalyptus, sont imposantes. Une fois parvenue à son sommet, je contemple la vue dégagée sur l’immense forêt.

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dav

La balade se poursuit dans un décor plus épuré. Mes pas déliés crépitent sur les brindilles et les feuilles jonchées sur le sol.  Brisant le silence, je suis l’élément perturbateur de cet univers végétal. A l’arrêt, je prends une longue respiration et ferme les yeux pour retrouver une certaine harmonie avec mon hôte. La brise caresse ma peau et libère mes sens. Soudain, je devine la présence d’un corps animé dans les buissons. Devant moi, un wallaby se restaure près d’une souche d’arbre. Un large sourire se dessine sur mon visage face à la beauté du spectacle. Effrayé par une touriste un peu trop curieuse, le marsupial s’échappe en bondissant.

dav

Je poursuis ma route, vers la forêt des grands arbres. Les vestiges de ces âmes centenaires et leurs troncs abattus nous rappellent à la fragilité de la nature face aux éléments.

Dans les profondeurs de la forêt, les eucalyptus géants sont les survivants de l’impitoyable sélection naturelle. Levant la tête vers le ciel, je distingue à peine la cime de ces géants. Envahie par un mélange de pesanteur et de vertige, je presse le pas pour retrouver la civilisation. Après cette longue balade, je quitte la forêt et ses nombreux habitants au soleil couchant, les yeux remplis de couleurs.

sdr

 

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